Le Sensualisme, philosophie du sens

Puisque la régression de notre sensibilité menace notre cerveau, puisque la régression du plaisir nous rend malades, puise que le plaisir est le meilleur remède contre l’anxiété : sentons, ressentons, jouissons. En un mot, redevenons sensuels et que l’on fasse de la sensualité plus qu’un mode de vie : une philosophie que nous appellerions le « sensualisme ».

Ce terme a déjà été utilisé au XVIII siècle ; il désignait la doctrine de Locke et de Condillac selon laquelle toute connaissance dérive des sensations. Le sensualisme est une doctrine fortement influencée par l’empirisme, notamment par le Essay on Human Understanding (1690) de John Locke.

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Selon Sainte-Beuve, cette thèse est exacte, mais sa dénomination impropre ; il aurait fallu dire « sensationnisme » qui précisait « Le mot sensualisme appelle naturellement l’idée d’un matérialisme pratique qui sacrifie aux jouissances des sens. » Il rendait ainsi le terme « sensualisme » à la sensualité qui est, selon le Robert, « le tempérament, les appétits et les goûts d’une personne sensuelle ». Est sensuelle une personne « portée à rechercher et à goûter tout ce qui flatte les sens », confirme ce dictionnaire. Ces définitions ont cependant une connotation péjorative que beaucoup récuse ; la sensualité ne relève pas du matérialisme.

« La sensualité est la condition mystérieuse, mais nécessaire et créatrice, du développement intellectuel. Ceux qui n’ont pas senti, jusqu’à leur limite, les exigences de la chair sont incapables de comprendre toute l’étendue des exigences de l’esprit », soutient Louÿs dans Aphrodite.

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